La prise en amitié
Certaines amitiés ne blessent pas par ce qu'elles font, mais par ce qu'elles prennent. Du temps, de l'attention, de la disponibilité, sans jamais s'interroger sur l'équilibre du lien.
L'ami qui abuse de l'amitié ne sait pas toujours qu'il est envahissant. Il appelle souvent, parle beaucoup, demande sans mesurer.
Il confond la fidélité avec la permanence, la proximité avec l'obligation. Peu à peu, la relation se déséquilibre. Ce qui était partage devient poids. Ce qui était lien devient attente.
Et l'amitié, au lieu de soutenir, épuise.
Reconnaître cela n'est pas un reniement. C'est un acte de justesse.
Car une amitié vraie ne se nourrit pas d'abus, mais de respect, de mesure et de silence partagé.
Une amitié qui épuise n'est déjà plus un lien. C'est une prise et cela suffit.